Au commencement…
Je suis flûtiste, vocaliste et compositeur électroacoustique. J’ai développé un univers sonore qui me permet d’utiliser mes compétences de compositeur de musique électroacoustique et celle de vocaliste en live.La voix est un instrument à vent qui sait à la fois rire, gémir, parler, chanter. Plus qu’un phénomène sonore, elle révèle nos états d’âme, notre personnalité, notre humeur. Elle fait partie de l’être et évolue avec lui au fil du temps qui passe. J’utilise sa voix comme un instrument de musique, c’est à dire qu’elle est hors de son contexte de support acoustique de la parole. J’emploie le terme de langage imaginaire, je recrée un langage constituer de phonèmes mit bout à bout non pas pour leur sens, mais pour leur musicalité. Comme une improvisation avec des notes . Une sorte de retour au langage primitif, originel qui prend sens avec la théâtralisation vocale des émotions. L’étendue des possibilités de la voix humaine est immense. Du premier cri de la vie au dernier souffle qui précède la mort, j’explore le champ des possibles de la voix humaine. Afin de créer de nouveaux modes de jeux vocaux, j’augmente ma voix de traitements informatiques type réverbération, delay, granulation, en utilisant le logiciel Ableton live pour modifier ma voix en direct.
Je superpose à cela en tuilage des paysages sonores issus de composition électroacoustique. j’incite l’auditeur à puisser dans sa mémoire sonore guidé par une présence qui raconte, caresse, chuchote, gronde, sensuelle, aux borborygmes sombres et possédés. Une voix qui se dévoile sans fausse pudeur dans son intimité, sa féminité, son identité, avec ses hauts et ses bas .
Voici un de mes tout premier concert pour voix augmentée de traitements sonores générés par un ordinateur. Je jouais dans un Festival de musique pour casque en streaming: Le placard à la Générale en Manufacture, Paris Sèvre 2007. J’utilise un contrôleur MIDI pour piloter les paramètres de traitements sonores sur ma voix, dans le logiciel Ableton Live. En position assise derrière l’écran de l’ordinateur, aucun déplacement n’est alors possible car le dispositif ne le permet pas.
Je découvre en 2008 le Centre des Ecritures Contemporaines Numériques de Mons. Je participe à un workshop sur la Lutherie Numériques avec Nicolas d’Alessandro. C’est une rencontre formidable pour moi, car cela m’a permit d’entrevoir d’autres perspectives, pour l’évolution de mes lives.
Après ce workshop ma réflexion se porta alors sur comment me libérer de l’immobilité imposée par la machine pour laisser davantage de place au mouvement et au déplacement de mon corps dans l’espace scénique, tout en conservant les traitements informatiques sur ma voix et les textures sonores.
Je souhaitais accompagner et dessiner les sons par des gestes. Les mouvements sont pour moi une façon de m’impliquer totalement dans la matière sonore. J’ai un rapport très charnel au son. Chaque son que j’utilise je l’ai au préalable sculpté transformé, texturé, déformé pour lui ajouter une touche plus personnelle. Le son est comme une matière dans laquelle nous évoluons tous les jours et sur laquelle on peut agir. En février 2009, en collaboration avec Nicolas d’Alessandro nous réalisions une première ébauche d’un dispositif de captation du geste en performance pour deux voix augmentées : thérémin, 2 wiimote, et handsketch, le tout piloté et coordonné par le logiciel MAX Msp; dont voici un extrait vidéo.
La voix est un outil d’expression universel. Dans une culture contemporaine et numérique, les outils logiciels permettent d’étendre les possibilités vocales, donnant accès à de nouvelles formes de chant et de performance scénique. Dans une collaboration interdisciplinaire, Laurence Moletta (chanteuse, performeuse) et Nicolas d’Alessandro (chercheur, performeur) ont développés un nouvel instrument numérique d’extension des capacités vocale. Cette augmentation se matérialise par la manipulation d’une marionnette, appelée Myhag. La métaphore de la marionnette introduit des contraintes mécaniques, que l’utilisateur doit intégrer et utiliser dans son jeu scénique. Ces contraintes stimulent la créativité et développent un langage corporel complexe, directement relié au traitement numérique de la voix. En pratique, l’instrument capte l’orientation 3D des deux bâtons de manipulation de la marionnette, ainsi que la position de la performeuse par rapport à une antenne. Ces valeurs sont utilisées pour naviguer au sein d’un vocodeur temps-réel et appliquer des effets sur la voix. Nicolas d’Alessandro chercheur UMONS/TCTs University Of British Columbia, Vancouver, Canada
Ensuite vint pour moi l’opportunité de travailler sur la captation des gestes et corps augmenté en collaboration avec les chercheurs du programme de recherche numédiart des l’Universités de Mons et Louvain la Neuve dans le cadre du projet Bodily Benchmark: Gestural/Physiological Analysis by Remote/Wearable Sensing
Avril mai juin 2009 REFLEXION
Session collaboration avec le programme de recherche numédiart des l’Universités de Mons et Louvain la Neuve dans le cadre du projet
Conception du dispositif de captation gestuelle:
-étude et d’expérimentation d’une sélection de méthodes de captation gestuelle portée sur corps (capteurs de biosignaux comme les électromyographes, les ceintures respiratoires, les électro- cardiographes… ; textiles intelligents tissés de ?bres piézoélectriques) et à distance (caméras optiques ou thermiques, capteurs ultrason, captation capacitive comme le Theremin) ;
–choix d’une interface d’acquisition de signaux de capteurs avec suffisamment d’entrées pour enregistrer les signaux des capteurs (parmi Arduino, Freeduino, Wiring, Fritzing, Gainer, Bare Bones… et en particulier le modèle LilyPad destiné à être brodé
sur costume), avec une connexion sans ?l avec l’ordinateur (WiFi ou Bluetooth ou ZigBee), dans la mesure du possible distribué sous licence libre “openhardware” ;
– sélection, implémentation et amélioration des méthodes d’extraction de caractéristiques à partir des signaux de captation en vue d’analyser et interpréter la gestuelle et l’expression corporelle ;
– recherche des méthodes de mapping (mise en correspondance) adéquates pour contrôler, à partir d’une combinaison de ces méthodes de captation, des algorithmes de synthèse de paysages sonores (par synthèse granulaire) et de modi?cation vocale.
Le dispositif matériel (captation, interface d’acquisition sans ?l) devra être intégré dans un costume ergonomique et prévu pour ne pas encombrer la performance scénique.
L’ordinateur, recevant par connexion sans ?l les données brutes des capteurs, utilisera l’environnement modulaire libre MAX/msp pour le traitement de signal et l’analyse des capteurs. Le rendu sonore spatialisé (synthèse de paysages sonores et effets de modi?cation vocale) sera poursuivi dans le logiciel Ableton Live. Bodily Benchmark: Gestural/Physiological Analysis by Remote/Wearable Sensing les différents objectifs de cette collaboration sont repris sur ce lien
Résidences
Avril à Juin 2009 au Centre culturel de Forest, à l’Abbaye de Forest. Présentation publique en fin de résidence.
Juin 2009 Trois semaines à l’Auditorium de la RTBF Abel Dubois de Mons
Présentation public numédiart, salle des Redoutes au Théâtre Royal de Mons
Bilan de fin de session Bodily Benchmark: Gestural/Physiological Analysis by Remote/Wearable Sensing avec le programme de recherche numédiart,
un PDF à télécharger: numediart_2009_s06_p3_report
Pour les tests, les capteurs étaient prêtés par l’Université de Louvain la Neuve, mais ne pouvaient pas être utilisés pour une présentation publique. Ne disposant pas de fond pour l’achat de ce matériel à l’époque, j’ai dû patienter jusqu’à l’obtention de la subvention de la Communauté française, section Arts Numériques.
Accueil de Cédric Dumetz pour la réalisation vidéo et VJ lors des performances. Présentation publique de fin de résidence au centre culturel de Forest, le Brass salle des machines.
Intégration d’une narration à la performance musicale
Conception de l’univers visuel de Bio Diva:
Au préalable j’ai réalisé un travail en amont en utilisant mes fluides menstruels. J’ai voulu m’approprier ce sang, lui donner une autre fonction, l’utiliser comme texture. Je l’ai photographié, puis versé dans de l’eau et filmé, observé. J’en ai enduit certaine partie de mon corps. Puis je me suis interessée aux écris portant sur les thèmes arts menstruation et sociétés. Je me suis rapproché du mouvement du Cunt Art et des création picturales de Vanessa Tiegs qui peint des toiles avec son fluide menstruel . Voici une vidéo présentant son travail pictural.
Ce rouge carmin sur l’émail blanche de ma salle de bain m’a fasciné. Etant moi même dans une période de questionement, je me scrute de l’intérieur vers l’extérieur? Qui suis je, d’où je viens, où vais je?
De l’intérieur je saigne, j’ai mal, je coule. Rouge noir. J’ai eu l’envie d’intégrer cette fascination pour ce sang, à mon spectacle. L’histoire du sang menstruel est complexe et fondamentale, tant sur le plan artistique qu’anthropologique. Ce sang si singulier, et pourtant peu étudié, incarne d’une part le corps et l’identité féminine, d’autre part les cruautés, violences et actes d’oppressions auxquelles les femmes ont été soumises au nom de la peur qu’a suscitée cette étrange sécrétion.
Le sang des femmes: des milliers de tampons, serviettes, et réceptacles en tout genre, fabriqués chaque jour dans le monde. Une industrie, qui fait sa publicité sur la libéralisation des mouvements des femmes, et qui souhaite leur faire oublier leurs conditions, leurs différences et qui nourrit le tabou sur le sujet.
Dans les publicités télévisées pour des marques de protections périodiques à aucun moment le sang menstruel n’est montré à l’écran. Pourquoi tant d’acharnement à cacher ce fluide qui est tellement présent en nous? La femme moderne considère ce fluide qui vient de son corps comme quelques chose de sale, qu’il faut cacher. Mais que devenons nous, femmes androgynes, femmes cyborgs?
« Bienvenue chez Tampax
Pourquoi être tracassée par vos règles, alors que vous avez d’autres choses plus importantes auxquelles penser? »
Et pourquoi ne pas y penser?
J’ai du mal à me sentir femme dans cette société de consommation. J’ai l’impression de devenir masculine ( habit, silhouette, plan de carrière, course à l’emploi, fermée aux émotions, à l’amour, sur diplômée, … ) On répond à des critères de sociétés et on en oublie notre vie personnelle.
Pour être au même niveau que les hommes, pour se faire accepter dans une société machiste, mais quel intérêt? Sommes nous plus heureuses?
Nous nous travestissons et perdons notre identité, pour en plus entendre de la bouche de ces hommes que l’on veut en tout points singer, - »A 35 ans on est périmées et à 50 ans c’est la ménopause on sert plus à rien. »
Dans notre société, où la vitesse prime, les gens doivent être productif, la femme rejette ce quelle est pour mieux correspondre aux critères d’une société conçue et faite pour les hommes.
Par ce spectacle j’aimerai que les femmes du public prennent le temps de se découvrir de façon moins violente, et de reconsidérer leur période de règles non pas comme une entrave à leur vie, mais plutôt comme un moment de recentrage sur elle même. Je veux que les femmes prennent conscience des caractéristiques de leur corps sans être influencées par la vision masculine et qu’elles rejettent le portrait que la société de consommation leurs impose. L’être humain fait partie d’un tout qui constitue l’univers, et les femmes ont cette particularité d’être en lien direct avec la nature, par les cycles répétitif de la lune avec leur période menstruelle. Le terme menstruation vient du mot latin mensis « mois » (proche du grec mene, la lune) qui évoque une parenté avec les cycles lunaires mensuels. L’aspect de la lune a aussi été évoqué pour expliquer cette étymologie.
Les quatre phases du cycle lunaire sont symétriques à celle du cycle menstruel: la phase préovulatoire correspond à la lune croissante; l’ovulation à la pleine lune; la phase prémenstruel à la lune décroissante et la menstruation à la nouvelle lune.
Je veux aller au delà des trois types de femmes références que l’homme reconnait: la mère; la muse et la prostitué, par une recherche sur ce qu’est la féminité, en assumant et en revendiquant ma propre identité de femme créatrice indépendante et en marge de la société de consommation. Je voudrais que les hommes réfléchissent et reconsidèrent la période menstruelle des femmes non plus comme quelque chose de tabou, sale, impur mais comme étant quelque chose de naturel et de nécessaire dans la vie de l’humanité.
Travail des images vidéo à partir cette conduite thématique
Par écho à mon travail musical sur les textures sonores, j’ai demandé à Cédric Dumetz de travailler sur différentes textures d’images. Je me suis mise en scène lors de la captation vidéo. J’ai réalisé un travail sensoriel en utilisant différents fluides sur ma peau. Le froid le chaud, le rugueux, le lisse, je voulais expérimenté par le touché les textures sur mon enveloppe corporelle et ainsi me rapprocher des sensations d’un enfant dans l’univers liquide du ventre de sa mère.
A l’aide de trois caméra il a filmé des plans rapprochés de fluides sur mon corps. En performance il utilise ces images comme de la matière qu’il transforme en temps réel en lui appliquant des traitements issus de logiciel de Vj, comme en mettant les images à l’envers, en les ralentissant, en les supperposant de façon à obtenir de nouvelles forme… Son travail video en vj avait beaucoup de similitudes avec mon approche de la création sonore.
Une femme même bionique est indisociable de mère nature. En moi coexiste la femme moderne qui se veut sûre d’elle, indépendante, irréprochable; qui assume sa « virilité féminine »; et une femme attentive à ce qu’elle est, qui se questionne sur le fait d’ETRE et devenir une femme et de vieillir dans cette enveloppe corporelle changeante.
Octobre 2009 CONSTRUCTION
Comment faire pour que le dispositif embarqué sur mon corps soit le plus proche possible des mouvements de mon corps? Après différents tests de matériel de captation du geste, j’ai choisi de travailler sur la réalisation d’un gant à capteurs.
Etant instrumentiste de formation j’ai voulu retrouver en quelque sorte la gestuelle liée à l’instrument de musique, doigté, combinaison de doigts, … sans la contrainte mécanique de celle ci. Mon corps devient instrument de musique numérique.
Rencontre avec l’ASBL Constant Vzw, participation au workshop création et fabrication de capteurs textile. Début de réalisation d’un gant à capteurs textile.
Matériaux utilisés pour la fabrication des gants à capteurs textile
Deux gants en tissu synthétique.
J’ai recouvert chaque phalange des dix doigts de gants, avec un tissu conducteur. Chacune est reliée à un fil conducteur lui même fixé par un fil en textile conducteur cousu sur la surface conductrice. Les dix fils de courant convergeront vers l’interface à capteur sans fil HF qui traitera les données envoyer par des combinaisons de doigts telle que POUCE + un doigt, ou POUCE + deux doigts.
Personnes ressources :
Achat de Matériels:
- Tissus conducteur et fil textile conducteur chez Michel Cleempoel
- Petit matériel électronique : ELAK
- Gant et matériel de couture : VERITAS
Novembre 2009
Présentation au festival CIMATICS, intégration d’un univers vidéo à la performance.
Vidéo à télécharger: Présentation Festival Cimatic 2009 Au BRASS
Février 2010
Première acquisition d’un dispositif de capteurs HF, Eobody 2 composé de deux gyroscopes et d’une interface sans fil HF.
Recherche d’une personne pour la programmation. Test de plusieurs personnes.
Mars Avril 2010 PROGRAMMATION
Résidence:
6 semaines à IMAL interactive Media Art Laboratory.
Travail avec Cédric Dumetz sur l’univers visuel de la performance. Vidéo en rétro projection et ombres chinoises.
Intégration d’Alexis Boilley ( programmeur) à l’équipe de conception
Mai 2010
Renvoi du premier dispositif de capteurs de chez Eobody, avec demande de remboursement qui a été accordé pour matériel défectueux et incompatible avec nos exigences sur le projet Bio Diva.
Achat d’un second dispositif chez Interface Z. Deux giroscopes cinq axes et une interface sans fil HF.
Création d’un dispositif de secours pour pouvoir assurer la programmation du Festival des Arts Numériques et Multimédia du Mali à Bamako et à l’Ecole des Arts de Braine l’Alleud; composée de Wiimote pour la captation gestuelle.
La performeuse évoluait dans deux espaces: derrière l’écran en ombres chinoises et côté public avec un déplacement dans la salle rendu possible par l’utilisation de wiimote, un système de captation du geste au départ prévu pour servir de manette de contrôle dans les jeux vidéo de Nintendo. Le système a été détourné grâce au logiciel Osculator.
Le Projet Bio Diva reçoit une aide de la part de l’Organisation Internationale de la Francophonie section Arts Numériques sous forme de per diem destinés à couvrir les frais de déplacement de l’équipe de production ( Laurence Moletta et Cédric Dumetz) de Bruxelles à Bamako; le logement et la nourriture sur place; afin d’honorer l’invitation du FESTAMN 2010: Festival des Arts Numériques et Multimédia du Mali, à Bamako. Lors de ce festival nous présentons Cedric Dumetz et moi même deux workshops, l’un sur la création vidéo et l’autre sur la création sonore assistée par ordinateur sur logiciels libres. Après la performance de Bio Diva j’ai donnée une conférence sur le thème « Menstruation, arts et sociétés », ce fut pour moi une expérience très enrichissante de confronter la vision de la condition féminine occidentale à celle de femmes africaines.
J’avais quelques appréhensions au début, je savais pas où je mettais les pieds, ne connaissant pas du tout l’état de la condition féminine au Mali.
Finalement il y a eu souvent débat entre les hommes et les femmes, je pense que certaines choses les ont interpellés et poussés à réfléchir.
Suite à cette conférence, ma vision a beaucoup évolué. J’ai traité le sujet avec beaucoup d’humour, ce qui m’a permis d’aborder des sujets intimes sans tabou.
J’ai noté chez les femmes une envie de parler, de donner leur avis malgré des réactions masculines parfois assez extrémistes . Leurs mots m’ont touché. Certaines ont osé parler et d ‘autres sont restées muettes et rougissantes, mais très attentives et intéressées.
Les hommes présents intervenaient avec leur voix fortes, et ne laissaient que très peu de place à l’expression féminine, il m’a fallut parfois les faire taire pour laisser la parole aux femmes.
Lors de ce moment d’expression libre, les femmes étaient presque étonnées d’avoir un espace de parole devant des hommes pour parler de sujet de femmes et revendiquer leur droits, osant un autre regard, féminin sur elle même.
Ce fut un très beau moment d’échange, qui m’a semblé tellement court.
J’ai été bouleversé par les paroles d’une dame qui a dit en s’adressant directement aux hommes:
- « Vous les hommes, vous ne nous écoutez pas assez, vous rentrez le soir fatigué, vous mangez et allez dormir, puis vers trois heure du matin, vous nous prenez sans nous écouter ». A ce moment les hommes ont rétorqués que si la femme se refusait à son mari, c’était un cas de divorce.
J’ai eu la chance ce jour là d’avoir le video projecteur, j’ai donc pu montrer des travaux artistiques de femmes issu du mouvement du Cunt Art (un mouvement artistique féministe des année soixante dix au Etats Unis). Nous avons analysé les oeuvres, donner un sens, débattu sur les thèmes de l’excision, le droit à la jouissance sexuelle des femmes, la relation à l’autre dans le rapport amoureux, le respect, la condition féminine, la vision traditionnelle, la religion et le corps de la femme, la polygamie, … le sujet « Menstruations arts et sociétés » engendre d’autres thématiques qui ne vont pas l’une sans l’autre.
Les menstruations ne sont pas un simple fluide, ici on parle de la femme dans sa totalité (pas seulement de son sexe); de sa condition; de son accès à la culture; à l’instruction; de sa féminité; de ses différences; de ses envies.
Deux cultures se sont rencontrées, je ne peux pas dire que l’une est meilleurs que l’autre, je pense qu’il y a du bon et du mauvais dans les deux. C’est grâce à cette rencontre initié par la performance BIO DIVA que les gens peuvent réfléchir au fait de se positionner dans la société, avec l’enrichissement que cela nous a apporté à tous.
Avec cette expérience je me suis rendu compte que la quête de la féminité n’a pas de frontière, cela m’a donné envie de donner un caractère international à ma performance.
Chaque étape dans la conception du projet Bio Diva me nourrit tant sur le plan technique que sur le plan artistique. Ce voyage et cette rencontre avec les femmes africaines est devenue une source d’inspiration importante dans écriture narrative de mon spectacle.
Juin 2010 à maintenant
Travail avec Alexis Boilley sur la conception et la réalisation du disposif
Intégration du dispositif de capteurs à un costume.
Septembre 2010 NARRATION et mise en scène
Jusqu’à présent Bio Diva était une performance musicale. Je souhaite qu’à l’avenir le dispositif pour voix et corps augmenté de Bio Diva s’adapte à différentes formes de spectacles.
Travail sur la mise en scène de la performance avec la metteuse en scène et chorégraphe : Patricia Novoa.
Octobre 2010
Workshop Performance en réseau avec Annie Abrahams Huis Clos No Exist On Collaboration. Ce workshop m’a permis de comprendre la façon de l’intégrer à un spectacle, une autre dimension, celle de la diffusion en streaming de certaine partie du spectacle. Et ainsi le faire évoluer en utilisant des artistes hors champs scénique, mais se trouvant beaucoup plus loin, voir même dans des pays différents. Je suis entrain de réfléchir à comment intégrer ce processus dans ma performance. Cela nécessite une bonne connexion internet pendant la durée du spectacle.
Dans la mise en scène réalisée avec Patricia NOVOA et moi même, nous avions pensé intégrer des interviews de femmes issue de pays différents, pour donner une dimension internationale au spectacle, renforçant ainsi l’idée que la féminité n’a pas de frontières. En élargissant l’espace scénique par une mise en réseau de comédiennes en streaming, je réflechis à un protocole qui permettrait l’interaction de six comédiennes d’âges et de nationalités différentes au cours d’un même spectacle. Chacune devant respecter une chronologie d’événements prédéfinis, intervenant suivant un scénario spécifique.
Ainsi l’équipe scénique de BIO DIVA doit s’agrandir prochainement, par le recrutement de comédiennes.
Intégration du dispositif de capteurs à un costume, travail sur l’ergonomie.
Remerciements aux personnes qui ont soutenu et participer à la conception du projet Bio Diva:
La Communauté Française section Arts Numériques; Anne Huybrechts; Roger Burton; Ives Bernard; Marie-Laure Delaby; Thierry Dutoit; Nicolas d’Alessandro; Clarisse Bardiot; Michel Cleempoel; Christian Ambaud; l’Organisation internationale de la Francophonie; l’équipe de conception du projet Bio Diva ( Alexis Boilley; Cédric Dumetz; numédiart).
Equipe de production du spectacle BIO DIVA:
Laurence Moletta : Performeuse vocaliste
Patricia Novoa : Comédienne Danseuse
Alexis Boilley: Régisseur






















